Les journées SHS Valo Hauts-de-France 2026

Les Journées SHS Valo en Hauts-de-France sont un rendez-vous régional annuel itinérant proposé par la MESHS, réunissant différents acteurs (chercheurs, doctorants, entreprises, collectivités, associations, etc.) proposant des rencontres scientifiques et professionnelles qui visent à échanger sur les pratiques, nouer des liens et développer des partenariats nouveaux.
L’ambition de ce rendez-vous annuel est également, à partir d’exemples de projets de recherche partenariaux financés par la MESHS et/ou par les universités du territoire, souvent co-financés par des partenaires complémentaires, de mettre en avant les bonnes pratiques de valorisation et de co-construction des recherches en SHS, dans des disciplines variées.

Pour cette 8ème édition, la MESHS et ses partenaires proposent d’explorer le champ du patrimoine dans le cadre de quatre journées thématiques sur :
– Restituer les traces du passé par le numérique (1) (à Tourcoing, le 3 novembre 2026)
– Restituer les traces du passé par le numérique (2) (à Lens, le 5 novembre 2026)
– Transformer les héritages industriels (à Valenciennes, le 26 novembre 2026)
– Protéger les paysages mémoriels et les milieux naturels (à Amiens, le 3 décembre 2026)

PROGRAMME

3 novembre, Tourcoing – Fédération de Recherche Sciences et Cultures du Visuel, Euracréative
Session 1/2 : Restituer les traces du passé par le numérique
Animée par Laurent Sparrow, Maître de conférences en psychologie et ergonomie, Université de Lille – Laboratoire SCALab – Coordinateur opérationnel FR SCV

9h15 : Accueil

• 9h30-10h00 : Mot d’accueil, par Laurie Hochain, Chargée de communication et médiation scientifique, FR SCV
Ouvertures des Journées SHS Valo 2026, par Mathieu Le Bescond de Coatpont, Directeur adjoint de la MESHS et Franck Dumeignil, Vice-président valorisation et lien science-société, Université de Lille

• 10h00-10h30 : De l’archive à l’écran : penser une recherche appliquée et collaborative en histoire
Avec Pauline Triplet, Doctorante CIFRE en histoire médiévale – Coordinatrice scientifique du projet INSULA, Ville de Lille – HARTIS, Univ. Lille
Et s’il était possible de voyager dans le passé… sans quitter l’espace public d’aujourd’hui ? Le projet de recherche en histoire INSULA associe une enquête historique sur la place du marché de Lille à la fin du Moyen Âge à la restitution visuelle et sonore de ce même lieu. Dans le contexte de multiplication des expériences immersives du passé, le chercheur devient un maillon central dans cette chaîne. La communication propose donc un retour d’expérience sur le projet, de son montage à la publication de ces premiers résultats en explorant sa dimension pluridisciplinaire, collaborative et innovante.

• 10h30-11h00 : Le Pôle Numérisation 3D de l’Université de Lille : un partenariat concret entre la FR SCV et Holusion
Avec Thibault Guillaumont, ingénieur et cofondateur de Holusion, et Pierre-Henry Bas, historien et ingénieur de recherche à la Fédération de Recherche Sciences et Cultures du Visuel (FR SCV)
Depuis cette année, la FR SCV et l’entreprise Holusion ont noué un partenariat public-privé autour d’un pôle d’expertise en numérisation 3D. Ce pôle accompagne les musées, les collectivités et les enseignants-chercheurs dans la modélisation 3D d’objets, de bâtiments, de gestes et de pratiques grâce à la photogrammétrie, au scanner 3D et à la capture de mouvement. Il couvre l’ensemble de la chaîne de production, de la documentation scientifique à la conservation et à la valorisation des données.

• 11h00-11h15 : pause

• 11h15-11h45 : Thiep3D : retour d’expérience sur un projet en humanités numériques
Avec Raphaël Willay, Maître de conférences en civilisation des îles britanniques, HLLI, ULCO
Cette intervention présentera le projet Thiep3D à travers son développement et les collaborations qui l’ont rendu possible. Elle reviendra sur le travail mené entre des chercheurs de plusieurs laboratoires de l’ULCO (HLLI, TVES et LISIC) et de l’UPJV, en lien avec des partenaires extérieurs tels que la Commonwealth War Graves Commission (CWGC), des historiens locaux, des étudiants accueillis en stage et des prestataires privés mobilisés pour leurs compétences spécifiques. Il s’agira également de montrer comment les résultats du projet ont été diffusés et valorisés, notamment par des communications scientifiques et l’obtention d’un deuxième prix à l’occasion du Prix International des Humanités Numériques (DH Awards) en 2025. Ce retour d’expérience mettra en évidence les principaux facteurs de réussite du projet ainsi que les difficultés rencontrées.

• 11h45-12h15 : LaSKENE programme de recherche et de création artistique interdisciplinaire (titre provisoire)
Avec Amos Fergombé, Professeur des arts du spectacle, LARSH, UPHF
Ce projet explore comment l’intelligence artificielle (IA) et la réalité virtuelle (VR) transforment la représentation et la reconstitution du corps humain, en brouillant les frontières entre biologique et virtuel. Il réunit chercheurs, artistes et étudiants pour questionner les dimensions technologiques, esthétiques, éthiques et anthropologiques de cette transformation sur scène. Deux volets sont développés : une œuvre scénique immersive mêlant VR, réalité augmentée et images à 360°, et une œuvre dramaturgique interactive utilisant l’IA pour créer un dialogue entre acteurs humains et avatars numériques. L’objectif est de renouveler les formes narratives et sensorielles, de redéfinir la place du spectateur et de former étudiants et doctorants à ces pratiques innovantes.

• 12h30 : restauration sur place

• 14h00-15h00 : Visite
Présentation de la plateforme et de ses équipements technologiques innovants, à travers une visite commentée et des démonstrations : réalité virtuelle, capture de mouvement, spatialisation sonore. Durée 1h.


5 novembre, Lens – Faculté des sciences Jean Perrin, Université d’Artois
Session 2/2 : Restituer les traces du passé par le numérique
• 13h30 : Accueil

• 13h45-15h00 : Ouverture par Emmanuelle Poulain-Gautret, Directrice de la MESHS et Jean-Philippe Lecointe, Vice-président Valorisation, Transferts technologiques et Tech3E, Université d’Artois

• 14h00-14h30 : Le Camp du drap d’or numérique, une expérience de valorisation de la recherche sur le patrimoine (université de Lille, SATT-Nord)
Avec Isabelle Paresys, maîtresse de conférences en histoire, FASEST, UMR 9028 HARTIS, université de Lille CNRS ; Jérémy Cundekovic, doctorant en histoire moderne, UMR 9028 HARTIS, Université de Lille et James Rowe, chef de projet innovation, SATT Nord
Le Camp du drap d’or numérique est un projet pluridisciplinaire, initié par des historien.ne.s de l’université de Lille (UMR HARTIS), qui vise à restituer virtuellement l’événement historique éponyme de juin 1520 ; un défi tant scientifique que technique. Celui-ci bénéficie, depuis 2019, de l’accompagnement de la SATT Nord dont la mission est de valoriser les résultats de la recherche académique, notamment en SHS. Le transfert de technologie qui s’opère ici présente des particularités notables au niveau de la propriété intellectuelle et de la nature des exploitants, qui sont des acteurs du monde culturel, ainsi qu’un ensemble de verrous qu’il s’agit de résoudre dans un dialogue constant entre les équipes de recherche et celles de la SATT.

• 14h30-15h00 : Reconstituer un lieu de fiction romanesque en 3D : la représentation référentielle en question
Avec Marie-Clémence Régnier, Maîtresse de conférences en littérature française, Textes et Cultures, université d’Artois
Le projet de reconstitution numérique en 3D de la pension Vauquer (Le Père Goriot de Balzac), mené par l’Université d’Artois en partenariat avec New Atlantis (Plaine Images) depuis 2025, offre un terrain privilégié pour interroger la référentialité du lieu fictionnel : que signifie représenter un lieu dont le référent, chez Balzac, relève tout à la fois de l’observation du réel, de sa transposition romanesque et de sa construction imaginaire ? À partir des descriptions de la pension dans le roman de Balzac, la modélisation confronte plusieurs régimes de représentation — espace textuellement construit, espace modélisé, visualisé et parcouru — en croisant les ressources archivistiques et historiques, les données qui se rapportent aux approches génétiques et herméneutiques de l’œuvre. Il s’agit ainsi de restituer non un lieu supposément « réel » derrière le texte, mais les opérations par lesquelles Balzac construit sa référentialité et produirait un « effet de réel », pour reprendre la célèbre formule de Barthes (Le Bruissement de la langue, 1968). La reconstitution numérique devient dès lors un dispositif expérimental permettant d’éprouver les écarts et les continuités entre ces différents niveaux de construction du lieu, tout en considérant, plus ponctuellement, la manière dont ses représentations intermédiales ultérieures en ont supposément déplacé la perception (adaptations filmiques, sérielles…). L’enjeu est finalement de comprendre non seulement comment représenter un lieu fictionnel, mais aussi ce que ce lieu représente et comment ses représentations successives transforment à leur tour les manières de le lire et de le voir.

• 15h00-15h15 : pause

• 15h15-15h45 : Creativ’Up : accompagner et connecter les acteurs transfrontaliers des industries culturelles et créatives pour faire émerger des projets innovants
Avec Antoine Delmotte, Ingénieur robotique, Université d’Artois et Vincent Gariazzo, chargée de développement et d’innovation, Louvre-Lens Vallée
À partir de l’exemple de Creativ’Up, cette intervention interroge les conditions de réussite d’un partenariat interdisciplinaire et transfrontalier, entre ambitions académiques et besoins concrets des acteurs de terrain. Elle donnera à voir des réalisations qui mettent la culture à la portée de tous, comme le projet TRACES autour des collections muséales et des souvenirs ou l’accompagnement de jeunes entreprises innovantes du secteur. L’occasion aussi de réfléchir sur une coopération à grande échelle apportant une richesse de regards croisés mais aussi les défis d’un travail commun entre partenaires aux cultures et intérêts variés.

• 15h45-16h15 : Contribution du LiDAR et de la photogrammétrie à la documentation de la fouille préventive rue Abel Bergaigne à Arras
Avec Emmanuelle Cano, ingénieure de recherche en télédétection, Edysan, UPJV
(présentation à venir)

• 16h30 – 17h30 : Visite de la Faculté des Sciences Jean Perrin – Université d’Artois (informations à venir)


26 novembre, Valenciennes – Médiathèque Simone Veil
Session 3 : Transformer les héritages industriels

• 14h15 : Accueil

• 14h30-14h45 : Ouverture par Philippe Useille, Référent scientifique « humanités numérqiues » de la MESHS et Amos Fergombé, Directeur du LARSH, UPHF

• 14h45-15h15 : Penser la régénération du bassin minier par la culture
Avec Melvin Grefils, Maître de conférence en science de gestion, LEM, Université de Lille
L’un des enjeux actuels de l’étude du développement d’offres culturelles dans des territoires post-industriels est de comprendre comment construire une offre culturelle inclusive permettant la régénération sociale et économique d’un territoire, tout en favorisant le développement de la population locale. Le projet RESEME s’est construit autour de cet enjeu, partagé par la sphère académique, politique et les institutions culturelles, encourageant ainsi une vision interdisciplinaire et une approche décloisonnée entre la sphère académique et non-académique. Ce projet est issu d’un partenariat entre l’université de Lille, l’université Gustave Eiffel et le musée du Louvre-Lens.

• 15h15-15h45 : TRAVER(RE)SE : création de 5 circuits touristiques le long de l’EuroVélo 3 valorisant le territoire traversé sur base de sa riche histoire industrielle verrière (titre provisoire)
Avec Hafida Boulekbache, Professeure des universités en sciences de l’information et de la communication, LARSH, UPJV et Eric Henry, Maître de conférences, DeVisu, UPHF / INSA
Le projet Traver(re)se vise à renforcer l’attractivité culturelle, touristique et économique du territoire transfrontalier franco-wallon à travers la valorisation du patrimoine industriel verrier, tout en favorisant l’inclusion sociale et l’innovation. Il repose sur une approche collaborative transfrontalière entre trois pôles d’acteurs (musées, universités, offices du tourisme) étroitement liés à des collectifs citoyens.

• 15h45 : pause

• 16h00- 16h30 : Cosserat, un patrimoine entre mémoire et nouveaux usages
Avec Louis Teyssedou, enseignant de Lettres-Histoire
L’entreprise Cosserat a cessé d’exister en 2008. La cessation de ses activités laisse derrière elle une usine située dans un quartier périphérique d’Amiens. En partie inscrit au titre des Monuments Historiques, l’ensemble des bâtiments est aujourd’hui le centre d’intérêts multiples et divergents. La mémoire de ce site est quant à elle entretenue par différents acteurs.

• 16h30-17h00 : Le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : un territoire entre transition et vulnérabilité. Discours (médiatique, institutionnel et associatif), représentations habitantes, enjeux politiques (titre provisoire)
Avec Bruno Raoul, professeur en sciences de l’information et de la communication, GERIICO, Université de Lille
Le projet BaMiTer interroge la manière dont les discours produits autour de la transition participent à la construction d’un imaginaire territorial, en mettant en lumière les représentations véhiculées par les acteurs institutionnels, les médias, les associations locales, mais aussi les habitants. Il s’agit de comprendre comment ces différents discours se déploient, s’articulent ou s’opposent, et dans quelle mesure ils influencent la perception du territoire et les politiques qui y sont menées. Le projet propose une lecture critique des dispositifs de médiation mobilisés pour mettre en récit les mutations du territoire du Bassin minier, en s’intéressant notamment aux formes de communication publique, aux supports médiatiques (presse locale, reportages, documentaires) ainsi qu’aux actions des collectifs citoyens.

• 17h00-18h00 : Visite de la bibliothèque des Jésuites (informations à venir)


3 décembre, Amiens – Musée de Picardie
Session 3 : Protéger les paysages mémoriels et les milieux naturels
Animée par Patricia Rochwertzuili, Professeur de Littérature et civilisation de l’Espagne médiévale, Textes et Cultures, Université d’Artois

• 9h15 : Accueil

• 9h30-9h45 : Ouverture par Emmanuelle Poulain-Gautret, Directrice de la MESHS ; Philippe Nivet, Vice-Président SHS, UPJV et Pierre Stépanoff, Directeur du Musée de Picardie

• 10h10-10h35 : Tout est lié : de la biodiversité côtière au coeur d’un maillage artistique et citoyen
Avec Myriam White-Le Goff, Professeure en Littérature médiévale, Textes et Cultures, Université d’Artois
(présentation à venir)

• 10h35-11h00 : Un patrimoine hybride invisible hérité de la Grande Guerre en Hauts de France : les polémoforêts
Avec Déborah Closset, Maître de conférences en Botanique-Ecologie végétale, EDYSAN, UPJV
Plus de cent ans après la fin de la Grande Guerre, les anciens champs de bataille ont en partie été recolonisés par la forêt. Plutôt que d’« invisibiliser » un héritage à la fois physique, chimique et biologique, celle-ci l’a « fossilisé », tout en conservant la mémoire des usages plus anciens du sol. Grâce à une approche multidisciplinaire relevant de l’écologie historique, les séquelles environnementales associées à ce patrimoine hybride —à la fois culturel et naturel— peuvent aujourd’hui être révélées.

• 11h00-11h15 : pause

• 11h15-11h40 : Apports des outils de télédétection LiDAR pour la caractérisation de l’habitat de mammifères patrimoniaux et envahissants des Hauts-de-France
Avec Emmanuelle Cano, Ingénieure de recherche en télédétection, EDYSAN, UPJV
(présentation à venir)

• 11h40-12h05 : Les silences de la mémoire : construire des collaborations autour des paysages mémoriels de la Grande Guerre
Avec Androula Michael, Professeure en histoire de l’art, CRAE, UPJV
Cette communication prendra appui sur le projet « Les silences de la mémoire : cartographies sensibles du patrimoine matériel et immatériel autour de la Grande Guerre dans les Hauts-de-France », porté par le Centre de recherches en arts et esthétique (CRAE) en collaboration avec le Frac Picardie et le Campus des Métiers et des Qualifications d’Excellence dans les Hauts-de-France. À partir d’une réflexion sur les traces, les absences et les mémoires silencieuses laissées par la Grande Guerre dans le territoire des Hauts-de-France, ce projet fait dialoguer recherche, création contemporaine, patrimoine et transmission. Il réunit chercheurs, artistes, acteurs culturels, professionnels du patrimoine, enseignants et élèves autour d’une interrogation commune : comment renouveler notre rapport à un patrimoine fortement constitué et institutionnalisé, en faisant émerger d’autres récits, d’autres gestes et d’autres formes de transmission ?
L’intervention reviendra plus particulièrement sur la construction de ces collaborations territoriales et sur ce qu’elles rendent possible, mais aussi sur les difficultés qu’elles rencontrent. L’expérience menée avec le Frac Picardie et le Campus des Métiers et des Qualifications sera ainsi mise en regard d’autres partenariats envisagés au cours du projet, notamment avec la Commonwealth War Graves Commission autour des cimetières militaires des Hauts-de-France, qui n’ont pu être développés dans le temps et avec les moyens disponibles.
Il s’agira ainsi d’interroger la collaboration non comme un dispositif allant de soi, mais comme un processus de recherche à part entière, soumis à des temporalités, des missions et des contraintes institutionnelles différentes. Que produit la mise en relation d’acteurs qui n’ont pas les mêmes pratiques ni les mêmes objectifs ? À quelles conditions ces collaborations peuvent-elles s’inscrire dans la durée ? Et que nous apprennent aussi les partenariats amorcés mais non réalisés ? À travers ce retour d’expérience, nous montrerons comment la recherche collaborative peut transformer les manières d’appréhender, de transmettre et de mettre en partage les paysages mémoriels de la Grande Guerre.

12h05-12h30 : Enquête sur la fabrique de la valorisation des zones humides et des tourbières de la Somme
Avec Théo Demonet, Etudiant en Master 2 en sociologie, “Territoire en transition : Enquêtes, innovations, travail et emploi”, UPJV
(présentation à venir)

• 12h30-14h00 : Restauration sur place

• 14h00-15h30 : Visite de la Citadelle par le Centre de Mémoire et d’Histoire-Somme-Résistance et Déportation (informations à venir)


Plus d’information sur le site de la MESHS