Étude « Impacts de l’IA sur les métiers support du spectacle vivant Quels accompagnements pour les professionnel·les ? »

Filage publie cette étude présentée le 20 mars dernier, financée par l’ARACT Hauts-de-France dans le cadre de l’appel à projets « numérique, intelligence artificielle et conditions de travail », et réalisée avec Pauline Rochart (Grand’Place – Futur du travail) et Noémie Aubron (Circa 2040 – Studio de prospective stratégique et design fiction).

L’intelligence artificielle (IA) transforme en profondeur l’ensemble des secteurs professionnels, y compris ceux qui, à première vue, pourraient sembler éloignés de ses applications les plus visibles. Le spectacle vivant, avec ses métiers ancrés dans la création, la technique, la logistique et la relation humaine, n’échappe pas à cette dynamique. Si l’attention se porte souvent sur la création artistique ou la diffusion, les fonctions dites support — communication, billetterie, administration, production, diffusion, relations aux publics, ressources humaines, mécénat, comptabilité, etc. — sont elles aussi traversées par l’arrivée progressive de l’IA.
Le secteur du spectacle vivant se cAractérise par des conditions d’emploi et de travail exigeantes : intermittence, équilibre de vie, horaires décalés, forte charge de travail, évolutions de carrière parfois complexes… Confronté à des baisses budgétaires et à une réduction de ses moyens d’actions, la charge de travail ne fait qu’augmenter et les conditions d’exercice se dégradent encore. L’IA pourrait apporter des solutions immédiates pour améliorer les conditions d’exercice des professionnel·les et offrir de nouvelles opportunités pour l’évolution de ces métiers.
Elle pourrait aussi dans le même temps menacer la pérennité des métiers support qui pourraient se transformer fortement, voire, pour certains, disparaître.
L’IA est présentée à la fois comme un remède miracle offrant des solutions accessibles immédiatement, tout autant que source de craintes.

C’est dans ce contexte que Filage a répondu un appel à projets initié par l’Aract Hauts-de-France pour mener une étude exploratoire visant à mieux comprendre les usages existants de l’intelligence artificielle dans les fonctions support du spectacle vivant, ainsi que les impacts pour demain. Filage souhaite comprendre à quel point ces métiers pourraient être transformés (ou pas) dans les prochaines années, dans l’idée de mieux accompagner les structures, quelles que soient leur taille, dans une prise de conscience des inconvénients et avantages de cette technologie, mais aussi dans la nécessité d’une concertation d’équipe prenant en compte les questions d’évolution de compétences, de droits d’auteur·rice, de confidentialité, d’écologie, d’égalité professionnelle, etc.
Si de nombreuses études existent, il nous a semblé nécessaire d’affiner la recherche en nous concentrant spécifiquement sur notre secteur et nos métiers pour lesquels nous avons peu de recul. La remontée des situations de terrain, la réalisation d’une étude documentée a permis de dresser un état des lieux dont pourront se saisir les professionnel·les, les employeur·euses, les institutions et politiques publiques.
Une première phase de travail a consisté en la réalisation d’une série d’entretiens qualitatifs entre mai et juillet 2025, complétés par une phase de documentation et un atelier de cadrage menés au printemps. L’objectif : documenter les perceptions, les pratiques émergentes, les résistances et les expérimentations en cours, afin de construire une base solide pour une seconde phase prospective.

Vous retrouverez les principaux enseignements de cette première phase dans cette synthèse, ainsi qu’un aperçu des enjeux structurants identifiés dans le secteur et une lecture transversale des témoignages recueillis. Des profils-types, ou persona, ont été élaborés pour refléter la diversité des positionnements, des pratiques et des représentations face à l’IA.
Ces éléments ont ensuite alimenté la deuxième phase, un travail de scénarisation prospective mené à l’automne 2025. 3 ateliers de design fiction ont ainsi été réalisés. Regroupant une trentaine de professionnel·les, ces ateliers ont permis de créer différents scénarios et de les mettre à l’épreuve du regard des professionnel·les.
L’objectif : se projeter dans des futurs pour en faire ressortir les questionnements, peurs, doutes, envies et les besoins d’accompagnement du secteur.
Ce rapport vise ainsi à outiller le secteur du spectacle vivant dans les Hauts-de-France pour penser collectivement les futurs possibles de ces métiers.

Accéder à l’étude